Suite sur la lecture de Tactique Théorique

La première partie traite de la Nature de la Guerre et ses conséquences sur le raisonnement tactique.

Nous aborderons progressivement ses 6 chapitres:

  1. Art et Science de la Guerre
  2. De la victoire
  3. L’initiative
  4. Le risque
  5. La surprise
  6. Friction et Brouillard de Guerre

Art et Science de la Guerre

Après une courte introduction, Yakovleff  pose sa définition:

  • « la guerre résulte de l’affrontement de deux volontés »
  • « cet affrontement s’exprime sous la forme d’un choc intellectuel »
  • « les manœuvres, du niveau stratégique jusqu’au combat tactique, ne représentent, en dernière analyse, que les manifestations physiques de cet affrontement intellectuel »

La question même de la raison profonde de la guerre est éludée… mais cette question même a-t-elle déjà reçue un semblant de réponse?

Affrontement de deux volontés : nous voila déjà au source  Clausewitzienne. A nouveau une question à ne pas creuser : la volonté de qui? Dans des sociétés fortement hiérarchisées (dictature par exemple), la réponse est aisée. Mais dans une démocratie, qu’en est-il? Nous vendrait-on la guerre comme l’on nous vend un paquet de lessive? Abandonnons ces questions vertigineuses et rapprochons nous d’HistWar…

  • Affrontement de deux volontés : la votre et celle de votre adversaire (humain ou artificiel).
  • Affrontement de deux intelligences élaborant un plan tactique.
  • Affrontement sur le terrain d’HistWar, lors d’une bataille (tactique), des volontés de défaire l’adversaire dans une joute honnête et ludique.

La guerre en tant qu’art : pas une question mais une simple affirmation :  la démonstration me paraît légère mais au fond, faut-il vraiment conclure?

La guerre en tant que science : dire que la guerre s’appuie sur la science et la technologie pour conclure que la Guerre est une science me paraît au minimum simpliste…

Art et Science de la Guerre : du concept au raisonnement. Ce dernier paragraphe ne me convainc guerre non plus, mais je ne suis pas sûr que l’essentiel soit dans cette introduction.

De la victoire

L’auteur introduit immédiatement le temps comme paramètre essentiel du processus aboutissant à la victoire.
La victoire n’est pas un évènement mais le résultat d’une dynamique. Il renchérit: « l’ampleur de la victoire est inversement proportionnelle à la durée de l’effort. »

Simplement, j’ai du mal à partager cette analyse… mais peut être est ce dû à la définition de la victoire. Ce n’est pas parce que l’un des protagonistes s’est proclamé vainqueur qu’il a gagné (l’histoire récente le démontre bien).Et pour en conclure avec cette assertion, il faudrait aussi quantifier ampleur, voire durée de l’effort. Il me semble que sans être précis sur tous ces termes, l’on peut démontrer tout et son inverse.

Yakovleff aborde ensuite les 3 niveaux de la guerre : stratégie-opérationnel-tactique.

Stratégie : la définition de la stratégie dépasse une vision purement militaire; cependant, son acception dans le cadre de ce chapitre reste celui de la définition des objectifs militaires et des moyens à associer.

Opérationnel : cette notion est récente et date de la révolution russe où les soviétiques se battent sur plusieurs théatres; il est alors nécessaire de coordonner les différentes actions. Au préalable, Napoléon a introduit le niveau de Grande Tactique pour décrire les mouvements de concentration de ses corps (les 7 torrents de la campagne de 1805).

Pour résumer, « La tactique est née avec la bataille, pourrait-on dire. La stratégie est née avec le pouvoir. Le niveau opérationnel est né avec les communications »

La victoire de niveau stratégique : la guerre oppose deux camps aux objectifs contradictoires; cela nécessite donc -pour qu’il y ait victoire- qu’il y ait objectif défini et atteint. Yakovleff introduit la notion de gain positif et négatif (sous entendu d’objectif opposé à l’objectif adverse). Par exemple « empêcher son protagoniste de … » constitue aussi une victoire, la volonté de l’adversaire ayant été annihilée.

La victoire de niveau opérationnel : ou comment les américains ont perdu la guerre du Vietnam sans perdre une bataille.

La victoire de niveau tactique : plusieurs exemples historiques…

La victoire en tant qu’enchainement : ou l’analogie du jeu de cartes : gagner au niveau tactique consiste à s’emparer d’une levée; la partie dans son ensemble représente la guerre au niveau stratégique. La dernière bataille est celle où l’un des protagonistes prend conscience qu’il ne pourra livrer encore un combat.
Pour conclure ce paragraphe, « la dérive du but de guerre est presque une loi historique ».

Les prochains chapitres seront plus en phase avec HistWar

JMM

PS : le texte encadré par «  » est une copie littérale du texte